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Les anglicismes en français : menace ou évolution naturelle ? - Anglicisms in French: a threat or a natural evolution? (Level B1-B2)

Les anglicismes en français : menace ou évolution naturelle ? - Anglicisms in French: a threat or a natural evolution? (Level B1-B2)

Voici quelques expressions et mots de l'article à connaître qui vous permettront d'enrichir votre vocabulaire : 

un secteur : an industry

brutalement : suddenly

se sont installés : have settled

le langage courant : everyday speech

Soyons honnêtes : Let’s be honest

où tout va vite : where everything moves fast

ancienne : old

Dès 1994 : as early as 1994

La loi impose : The law requires

dans les publicités : in advertising

obligatoire : mandatory

son efficacité : its effectiveness

en recul : in decline

Il suffit de regarder : You only have to look

Omniprésent : everywhere

sans se poser de questions : without thinking about it

viennent déjà de : already come from

le fait de camper : the act of camping

qui emprunte : that borrows

est resté pendant des siècles : remained for centuries

Elles se nourrissent les unes des autres : They feed off one another 

Menace (une) : threat

D’un côté : On one side

De l’autre : On the other

La vérité se situe sans doute entre les deux (The truth probably lies somewhere in between).

parce qu’on cesse de la faire vivre : people stop keeping it alive

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Lecture les anglicismes en francais
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Au travail, la scène est devenue banale.
On ne parle plus de réunion, mais de meeting.
On ne téléphone plus : on fait un call.
Une idée n’est plus simplement trouvée ensemble : on fait un brainstorming.
Et quand un secteur (an industry) change brutalement (suddenly), il est disrupté.

Ces mots anglais se sont installés (have settled) dans le langage professionnel… puis dans le langage courant (everyday speech). Mais pourquoi les utilise-t-on, alors que le français possède déjà des mots très précis ?

L’anglais au travail : plus direct, plus rapide :

Soyons honnêtes (Let’s be honest): l’anglais est souvent plus court, plus concret et plus direct.
Dire meeting est plus rapide que réunion de travail.
Dire un call semble plus simple qu'un appel téléphonique.
Dans le monde de l’entreprise, où tout va vite (where everything moves fast), ces mots donnent une impression d’efficacité et de modernité.

Le problème n’est donc pas linguistique, mais culturel : l’anglais est devenu la langue dominante du monde professionnel, du marketing, de la technologie et de l’innovation.

Une inquiétude ancienne (old)… et une loi française :

Cette invasion de mots anglais n’est pas nouvelle.
Dès 1994 (as early as 1994), l’État français adopte la loi Toubon, du nom du ministre de la Culture de l’époque, Jacques Toubon.
L’objectif est clair : protéger la langue française.

La loi impose (The law requires) par exemple :

  • l’usage du français dans les publicités (in advertising),
  • la traduction obligatoire (mandatory) des slogans anglais,
  • l’utilisation de termes français dans l’administration.

Sur le papier, l’idée est forte. Dans la réalité, son efficacité (its effectiveness) est limitée.

Une langue en recul (in decline) ?

Il suffit de regarder (You only have to look) autour de nous.
Même les institutions françaises utilisent des anglicismes.
Le mot challenge, pourtant déconseillé par l’Académie française, est omniprésent (everywhere) à la place de défi.

En 2022, le président Emmanuel Macron reconnaît lui-même que la langue française et son influence internationale sont « en recul ».
Le constat est donc partagé jusque dans les plus hautes sphères de l’État.

Mais tout le monde n’est pas inquiet.
Beaucoup de jeunes Français utilisent les anglicismes sans se poser de questions (without thinking about it). Pour eux, c’est à la mode, moderne, connecté au monde.

Les entreprises l’ont bien compris.
Dans la publicité et le marketing, l’anglais fait vendre.
Des slogans comme Ready, Best price, New experience donnent une image internationale, dynamique, parfois plus séduisante que le français.

Des mots anglais… mais pas toujours anglais :

Ce que l’on oublie souvent, c’est que beaucoup de mots que nous utilisons depuis longtemps viennent déjà de (already come from) l’anglais :

  • week-end
  • parking lot
  • shopping
  • leader

Parfois, leur sens change en français.
Un parking en français n’est pas une action, mais un lieu.
Un camping en français est un endroit, pas seulement le fait de camper (the act of camping).

Et il existe même des faux anglicismes :
baby-foot, par exemple, n’existe pas en anglais, où l’on dit foosball.

Une langue qui emprunte (that borrows) … et qui a beaucoup donné :

Le débat serait incomplet sans rappeler une vérité historique :
le français a énormément influencé l’anglais.

Après la conquête normande de 1066, le français est resté pendant des siècles (remained for centuries) la langue de la cour, de la justice et de l’administration en Angleterre.
Résultat : des milliers de mots anglais viennent du français.

Aujourd’hui encore, des mots comme justice, finance, court, beef, sauce, ballet ou déjà vu en sont la preuve.
Les langues n’ont jamais été fermées. Elles se nourrissent les unes des autres.

Alors, menace (threat) ou évolution ?

Deux visions s’opposent.

D’un côté (On one side), ceux qui pensent que l’excès d’anglicismes appauvrit le français, crée des inégalités (tout le monde ne parle pas anglais) et efface peu à peu des mots précis et riches.

De l’autre (On the other), ceux qui considèrent que le changement est naturel, que les langues évoluent avec le monde, la technologie et la culture, et que refuser ces mots serait artificiel.

La vérité se situe sans doute entre les deux (The truth probably lies somewhere in between).
Emprunter n’est pas un problème.
Oublier ses propres mots, peut-être.

Car une langue ne disparaît pas parce qu’elle change, mais parce qu’on cesse de la faire vivre (people stop keeping it alive) consciemment.

Traduction :

Anglicisms in French: a threat or a natural evolution?

At work, the scene has become completely ordinary.
We no longer talk about a réunion, but about a meeting.
We no longer make phone calls: we make a call.
An idea is no longer simply found together: we have a brainstorming.
And when an industry changes suddenly, it is said to be disrupted.

These English words have settled into professional language… and then into everyday speech. But why do we use them, when French already has very precise words?

English at work: more direct, faster:

Let’s be honest: English is often shorter, more concrete, and more direct.
Saying meeting is faster than réunion de travail.
Saying call seems simpler than un appel téléphonique.
In the business world, where everything moves fast, these words give an impression of efficiency and modernity.

So the issue is not linguistic, but cultural: English has become the dominant language of the professional world, marketing, technology, and innovation.

An old concern… and a French law:

This invasion of English words is not new.
As early as 1994, the French state adopted the Toubon Law, named after the Minister of Culture at the time, Jacques Toubon.
The goal was clear: to protect the French language.

The law requires, for example:

  • the use of French in advertising,
  • the mandatory translation of English slogans,
  • the use of French terms in public administration.

On paper, the idea is strong. In reality, its effectiveness is limited.

A language in decline?

You only have to look around us.
Even French institutions use anglicisms.
The word challenge, although discouraged by the Académie française, is everywhere instead of défi.

In 2022, President Emmanuel Macron himself acknowledged that the French language and its international influence are “in decline.”
The observation is therefore shared even at the highest levels of the state.

But not everyone is worried.
Many young French people use anglicisms without thinking about it. For them, it is trendy, modern, connected to the world.

Companies have understood this well.
In advertising and marketing, English sells.
Slogans like Ready, Best price, or New experience give an international, dynamic image, sometimes more appealing than French.

English words… but not always English:

What we often forget is that many words we have used for a long time already come from English:

  • week-end
  • parking
  • shopping
  • leader

Sometimes, their meaning changes in French.
A parking in French is not an action, but a place.
A camping in French is a location, not just the act of camping.

And there are even false anglicisms.
Baby-foot, for example, does not exist in English, where the game is called foosball.

A language that borrows… and that has given a lot:

The debate would be incomplete without recalling a historical truth:
French has had a huge influence on English.

After the Norman Conquest of 1066, French remained for centuries the language of the court, justice, and administration in England.
As a result, thousands of English words come from French.

Even today, words like justice, finance, court, beef, sauce, ballet, or déjà vu are proof of this.
Languages have never been closed systems. They feed off one another.

So, a threat or an evolution?

Two views oppose each other.

On one side, those who believe that the excessive use of anglicisms impoverishes French, creates inequalities (not everyone speaks English), and gradually erases precise and rich vocabulary.

On the other, those who consider change to be natural, that languages evolve with the world, technology, and culture, and that refusing these words would be artificial.

The truth probably lies somewhere in between.
Borrowing is not a problem.
Forgetting one’s own words might be.

Because a language does not disappear because it changes, but because people stop keeping it alive consciously.