Le surtourisme : un défi mondial

Le surtourisme : un défi mondial

N’avez-vous jamais rêvé de visiter un lieu mythique et de l’admirer dans le calme, presque seul, pour en profiter pleinement ? Aujourd’hui, ce rêve devient de plus en plus difficile. Les plus beaux endroits du monde sont victimes de leur succès et, pendant la haute saison, les touristes affluent par milliers. Dans ces conditions, il devient difficile d’apprécier pleinement le lieu.

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En France, plusieurs sites sont particulièrement touchés. Le Mont-Saint-Michel, en Normandie, accueille chaque année plus de trois millions de visiteurs. Aux heures de pointe, les ruelles médiévales sont si bondées qu’il est presque impossible d’y circuler. Carcassonne, la célèbre cité médiévale du sud, connaît le même problème, tout comme les Calanques de Marseille, site naturel protégé où l’afflux des touristes menace la flore et fragilise les falaises. Même Montmartre, à Paris, ou la Croisette, à Cannes, sont régulièrement envahis par des foules impressionnantes.

Cette situation pose une question essentielle : comment trouver un équilibre entre l’accueil des visiteurs, source de revenus considérable pour les habitants, et la préservation du patrimoine ? Car le tourisme apporte beaucoup d’argent aux hôtels, restaurants et commerces, mais il peut aussi abîmer les lieux, déranger les habitants et faire disparaître peu à peu l’authenticité de ce qui attire justement les voyageurs.

Pour lutter contre ce phénomène, certaines villes et régions prennent des mesures parfois drastiques. Dans les Calanques de Marseille, l’accès est limité à 400 personnes par jour et la réservation est obligatoire. À Cannes, les très gros navires de croisière ne peuvent plus accoster, et à Venise, en Italie, les bateaux géants ont été interdits dans le centre historique. Ailleurs, certaines plages comme celle de l’Île Vierge en Bretagne ont dû être fermées temporairement afin de laisser la nature se régénérer. Sur l’île de Bréhat, la fréquentation est désormais limitée à 4 700 visiteurs par jour en été, une décision qui montre à quel point la protection des sites est devenue une priorité.

Le surtourisme n’est pas un problème uniquement français ou européen. Aux États-Unis, les parcs nationaux comme Yosemite ou Yellowstone sont saturés. Les routes sont encombrées, les campings débordés et les écosystèmes fragiles menacés. Pour limiter les dégâts, certaines entrées sont désormais soumises à réservation, avec un quota quotidien de visiteurs. À Hawaï, certaines plages et vallées sont fermées certains jours de la semaine afin de protéger la flore et de ralentir l’érosion. Même à New York, des quartiers comme Times Square souffrent d’une fréquentation touristique permanente, qui finit par irriter les habitants.

Au fond, le surtourisme n’est pas une fatalité mais un phénomène qui oblige les villes et les voyageurs à s’adapter. Les mesures mises en place — quotas, réservations, régulations — montrent que la protection des sites est désormais une priorité partagée. Voyager autrement, ce n’est pas forcément renoncer, mais accepter quelques règles pour que ces lieux gardent leur beauté et puissent continuer à accueillir des visiteurs dans les années à venir.

 

TRADUCTION :

Overtourism: A Global Challenge

Haven’t you ever dreamed of visiting a famous place and admiring it in peace, almost alone, so you could truly enjoy its beauty? Today, that dream is becoming more and more difficult. The most beautiful places in the world are victims of their own success and, during the high season, tourists arrive by the thousands. In these conditions, it is sometimes impossible to really appreciate the site.

In France, several destinations are particularly affected. Mont-Saint-Michel, in Normandy, welcomes more than three million visitors every year. At peak times, the medieval streets are so crowded that it is almost impossible to move. Carcassonne, the famous medieval city in the south, faces the same problem, as do the Calanques of Marseille, a protected natural site where the influx of tourists threatens the vegetation and weakens the cliffs. Even Montmartre in Paris or the Croisette in Cannes are regularly overwhelmed by massive crowds.

This situation raises an essential question: how can we find a balance between welcoming visitors, which brings considerable income for locals, and preserving cultural heritage? Tourism generates significant revenue for hotels, restaurants, and shops, but it can also damage sites, disrupt daily life, and gradually destroy the authenticity that originally attracted travelers.

To address this issue, some cities and regions have taken drastic measures. In the Calanques of Marseille, access is limited to 400 people per day and reservations are required. In Cannes, very large cruise ships are no longer allowed to dock, and in Venice, Italy, giant cruise ships have been banned from the historic center. Elsewhere, certain beaches, such as the Île Vierge in Brittany, have been temporarily closed to allow nature to recover. On the island of Bréhat, daily attendance is now limited to 4,700 visitors in summer, a decision that shows how protecting these sites has become a priority.

Overtourism is not just a French or European problem. In the United States, national parks such as Yosemite and Yellowstone are saturated. Roads are congested, campgrounds overcrowded, and fragile ecosystems under threat. To reduce the damage, some entrances now require reservations and a daily visitor quota. In Hawaii, certain beaches and valleys are closed on specific days of the week to protect plants and slow down erosion. Even in New York, neighborhoods like Times Square suffer from constant tourist crowds, which increasingly irritate local residents.

In the end, overtourism is not inevitable but rather a phenomenon that forces both cities and travelers to adapt. The measures being put in place — quotas, reservations, regulations — show that protecting sites has become a shared priority. Traveling differently does not necessarily mean giving up; it means accepting a few rules so that these places can keep their beauty and continue to welcome visitors for years to come.