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Le genre des mots en français : un casse-tête… ou un débat de société ? - Grammatical gender in French: a conundrum… or a matter of social debate? (Level B1-B2)

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Le genre des mots en français : un casse-tête… ou un débat de société ? - Grammatical gender in French: a conundrum… or a matter of social debate? (Level B1-B2)

📘 Vocabulaire essentiel

le genre grammatical : grammatical gender
le masculin générique : generic masculine
le féminin : feminine form
un mot épicène : gender-neutral word (same form for masculine and feminine)
l’écriture inclusive : inclusive writing
la société patriarcale : patriarchal society
la neutralisation : neutralization
la lisibilité : readability
une terminaison : ending
une règle surprenante : a surprising rule
à la fois : at the same time / both
ancien / ancienne : old / longstanding
invisibiliser : to make invisible
multiplier les formes : to multiply forms
un soutien : support
selon lui : according to him
un mécanisme interne : an internal mechanism
prouver : to prove
déjà des outils : already tools
par ailleurs : moreover / besides
au motif que : on the grounds that
rendre l’apprentissage plus difficile : to make learning more difficult
notamment : notably / in particular
porter sur : to concern / to focus on
l’architecture entière : the entire structure
un équilibre : a balance
appliquer les règles : to apply the rules

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Lecture Le genre des mots
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Un obstacle linguistique… et bien plus

Pour de nombreux apprenants, le genre grammatical (grammatical gender) constitue l’un des principaux obstacles du français. Contrairement à l’anglais, chaque nom est masculin ou féminin, sans logique toujours évidente. On apprend des terminaisons (endings), des régularités, des exceptions. Puis on découvre une règle plus surprenante (a more surprising rule) encore : dans un groupe mixte, le masculin l’emporte.

C’est ce qu’on appelle le masculin générique (generic masculine). Lorsque l’on écrit « les étudiants », le pluriel masculin désigne à la fois (at the same time / both) des hommes et des femmes. La règle est ancienne (longstanding), solidement ancrée dans la grammaire scolaire, et parfaitement standard dans l’usage contemporain.

Mais cette règle n’est plus seulement linguistique. Elle est devenue politique.

Une règle grammaticale accusée de refléter une société patriarcale

Pour certains linguistes et militants, cette domination du masculin serait le reflet d’une société patriarcale (patriarchal society). L’argument est direct : si la langue donne priorité au masculin, elle contribuerait symboliquement à invisibiliser (to make invisible) les femmes.

C’est dans ce contexte qu’est apparue l’écriture inclusive (inclusive writing). Elle cherche à renforcer la visibilité  du féminin en multipliant les formes (by multiplying forms) : « les étudiants et les étudiantes, les étudiant·e·s », ou encore « les Françaises et les Français ». L’objectif affiché est clair : corriger un biais historique en modifiant les usages linguistiques.

Cette approche suscite un soutien (support) important dans certains milieux universitaires et institutionnels. Mais elle rencontre aussi de fortes résistances.

Michel Serres : une lecture différente

Le philosophe Michel Serres proposait une analyse nettement différente. Selon lui (according to him), la langue française n’est pas structurellement sexiste. Elle disposerait déjà d’un mécanisme interne (of an internal mechanism) permettant la neutralisation (neutralization) du genre : les mots épicènes (gender-neutral words).

Un mot épicène conserve la même forme au masculin et au féminin : « un élève / une élève », « un collègue / une collègue », « un journaliste / une journaliste ». Or ces mots sont nombreux. Pour Michel Serres, cette caractéristique prouve (proves) que le français offre déjà des outils (already tools) d’inclusion sans qu’il soit nécessaire de complexifier l’écriture.

Il critiquait par ailleurs (moreover) certaines formes de l’écriture inclusive (inclusive writing) au motif (on the grounds) qu’elles réduiraient la lisibilité (readability) des textes et rendraient l’apprentissage (would make learning) plus difficile, notamment (notably) pour les enfants et les apprenants étrangers.

France et États-Unis : deux cadres différents

La comparaison avec les États-Unis éclaire le débat. En anglais, les objets ne possèdent pas de genre grammatical. La question ne porte donc pas sur la structure (therefore does not concern the structure) même de la langue, mais sur les pronoms et les usages sociaux, comme l’adoption du they singulier.

En français, en revanche, le genre est omniprésent : noms, adjectifs, participes passés. Le débat ne touche pas un détail périphérique ; il concerne l’architecture entière (the entire structure) du système linguistique. C’est pourquoi la discussion est à la fois grammaticale, culturelle et politique.

Trois positions principales

Aujourd’hui, trois orientations dominent. Les partisans de l’écriture inclusive considèrent qu’elle permet de corriger un héritage inégalitaire. Les défenseurs de la position de Michel Serres privilégient les ressources internes du français, notamment les mots épicènes, et refusent toute complexification graphique. Entre les deux, une position intermédiaire propose d’adapter les choix linguistiques au contexte, en cherchant un équilibre (a balance) entre inclusion et clarté.

 Et pour les apprenants ?

D’un point de vue strictement linguistique, la norme académique reste le masculin générique (generic masculine). Aucun examen officiel n’exige l’usage de l’écriture inclusive. Pour communiquer efficacement, il est donc logique d’appliquer les règles (to apply the rules) classiques tout en connaissant l’existence du débat.

La question dépasse la grammaire : la langue doit-elle évoluer pour refléter les transformations sociales, ou doit-elle préserver sa stabilité structurelle ? Ce débat, loin d’être clos, montre que le français n’est pas seulement un système de règles. C’est aussi un espace de réflexion sur la société elle-même.

📝 Quiz de compréhension — Genre grammatical & écriture inclusive

Réponds aux 5 questions, puis clique sur Vérifier mes réponses.

1) Pourquoi le genre grammatical représente-t-il une difficulté pour les apprenants ?

2) Que signifie le masculin générique ?

3) Quel est l’objectif principal de l’écriture inclusive selon ses partisans ?

4) Quelle solution Michel Serres mettait-il en avant ?

5) Selon l’article, quelle est la position académique actuelle ?


TRADUCTION :

Gender in French: A Headache… or a Societal Debate?

A linguistic obstacle… and much more

For many learners, grammatical gender represents one of the primary obstacles in French. Unlike English, every noun is either masculine or feminine, without a logic that is always obvious. We learn endings, regularities, and exceptions. Then, we discover an even more surprising rule: in a mixed group, the masculine takes precedence.

This is what is called the generic masculine. When we write les étudiants, the masculine plural refers to both men and women at the same time. The rule is longstanding, firmly anchored in school grammar, and perfectly standard in contemporary usage.

However, this rule is no longer just linguistic. It has become political.

A Grammatical Rule Accused of Reflecting a Patriarchal Society

For some linguists and activists, this dominance of the masculine is a reflection of a patriarchal society. The argument is direct: if the language gives priority to the masculine, it symbolically contributes to making women invisible.

It is in this context that inclusive writing emerged. It seeks to reinforce the visibility of the feminine by multiplying forms: les étudiants et les étudiantesles étudiant·e·s, or les Françaises et les Français. The stated objective is clear: to correct a historical bias by modifying linguistic usage.

This approach enjoys significant support in certain academic and institutional circles. However, it also faces strong resistance.

Michel Serres: A Different Perspective

The philosopher Michel Serres offered a distinctly different analysis. According to him, the French language is not structurally sexist. It already possesses an internal mechanism allowing for the neutralization of gender: epicene words.

An epicene word keeps the same form in both masculine and feminine: un élève / une élèveun collègue / une collègueun journaliste / une journaliste. These words are numerous. For Michel Serres, this characteristic proves that French already offers tools for inclusion without the need to complicate writing.

Moreover, he criticized certain forms of inclusive writing on the grounds that they would reduce the readability of texts and make learning more difficult, notably for children and foreign learners.

France and the United States: Two Different Frameworks

A comparison with the United States sheds light on the debate. In English, objects do not possess a grammatical gender. The question, therefore, does not concern the structure of the language itself, but rather pronouns and social usage, such as the adoption of the singular "they."

In French, however, gender is omnipresent: nouns, adjectives, and past participles. The debate does not touch on a peripheral detail; it concerns the entire structure of the linguistic system. This is why the discussion is simultaneously grammatical, cultural, and political.

Three Main Positions

Today, three orientations dominate. Supporters of inclusive writing believe it allows for the correction of an unequal heritage. Defenders of Michel Serres' position favor the internal resources of French—notably epicene words—and reject any graphic complication. Between the two, an intermediate position suggests adapting linguistic choices to the context, seeking a balance between inclusion and clarity.

And for Learners?

From a strictly linguistic point of view, the academic norm remains the generic masculine. No official exam requires the use of inclusive writing. To communicate effectively, it is therefore logical to apply the classic rules while being aware that the debate exists.

The question goes beyond grammar: should language evolve to reflect social transformations, or should it preserve its structural stability? This debate, far from being over, shows that French is not just a system of rules. It is also a space for reflection on society itself.